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/11/2008
: l’immobilier de prestige
affecté à son tour par la crise Les grandes fortunes du monde commencent-elles à ressentir le souffle de la tempête financière ? Elles paraissaient bien à l'abri jusqu'à l'été dernier, tant le marché de l'immobilier haut de gamme, celui des biens de plus de 1 million d'euros, affichait une santé insolente, avec ses hausses de prix à deux chiffres. Londres a été la première à accuser un fléchissement, les pics de prix des appartements les plus luxueux des quartiers centraux ayant été atteints en mars 2008, avant de perdre 13 %, à fin octobre, selon l'indice de Knight Frank. Paris a suivi. "Les mois de septembre et octobre ont été creux, marqués par une baisse brutale du volume des transactions. L'atterrissage en douceur prévu par les experts n'a pas eu lieu", raconte Pascale Constans, directrice, à Paris, de Sotheby's International Realty. C'est le segment des biens compris entre 1 et 3 millions d'euros qui accuse le plus le coup, avec 24 % de transactions en moins sur les neufs premiers mois de 2008, par rapport à la même période de 2007. "Dans ce secteur, on trouve l'appartement bourgeois ou grand bourgeois, cossu, dans un bel immeuble haussmannien, d'une surface de 140 à 300 mètres carrés, sur une avenue chic des 16e, 17e ou 7e arrondissements", explique Charles-Marie Jottras, président du groupe Daniel Féau, réseau d'agences spécialisées. "Ils intéressent à 80 % une clientèle nationale et se vendaient 8 500 euros le mètre carré jusqu'au début 2007, puis 10 000 euros au printemps dernier, et retombent aujourd'hui à leur prix de 2007", précise-t-il. LES ACQUÉREURS S'INQUIÈTENT "Nous avions conclu vingt ventes en septembre 2007, mais à peine huit un an plus tard, la moitié de nos acquéreurs s'étant désistés quelques heures avant de signer la promesse de vente", raconte Thibault de Saint-Vincent, directeur de Barnes International, autre agence spécialisée. "Les acquéreurs s'inquiètent pour leur propre avenir ou attendent une franche baisse des prix pour réaliser une affaire", constate-t-il. Résultat, les biens en portefeuilles s'accumulent : Féau, principal acteur du marché parisien, a 1 000 biens en mandat, contre 500 il y a un an, à la même date. Quelques vendeurs pressés, par exemple après des déconvenues en Bourse, ont cédé à des offres très inférieures à leurs attentes. C'est le cas d'une maison de 160 mètres carrés, rue de la Faisanderie, dans le 16e arrondissement, mise en vente 1,7 million d'euros, soit 11 000 euros le mètre carré, qui n'a reçu aucune visite en six mois et n'est partie qu'à 1,3 million d'euros, soit 8 200 euros par mètre carré, le vendeur ayant cédé devant l'échéance d'un crédit relais. Un hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine, de 300 mètres carrés, avec jardin, mis à prix 3,8 millions d'euros, avait trouvé preneur à 3,2 millions d'euros. "Le couple d'acheteurs, tous deux travaillant dans une banque d'affaires, a renoncé la veille de la promesse de vente avant de faire une ultime offre à 2,6 millions d'euros, qui a été acceptée", raconte M. de Saint-Vincent. Au-delà de 3 millions d'euros, les acheteurs sont à 80 % étrangers et à la recherche d'un pied-à-terre avec une belle adresse, de la hauteur sous plafond, une terrasse et une vue. Féau a vendu à une fortune du Golfe un appartement d'un bel immeuble du XVIIe siècle, sur les quais, plus de 51 000 euros le mètre carré. Les Russes ou ressortissants des ex-Républiques soviétiques sont moins présents, laissant revenir les Américains sur un marché que les Anglais, les Belges, les Suisses ou les Italiens n'ont jamais délaissé. Le spécialiste de la vente à la découpe, Ad Valorem, compte bien sur cette clientèle pour acheter quatre immeubles bourgeois dont elle va vendre les appartements par lot, après une importante rénovation. "Nous commercialisons les 106 appartements d'un très bel immeuble haussmannien, au coin de l'avenue Foch et du boulevard Flandrin, à des prix oscillant entre 7 000 et 10 500 euros le mètre carré. Nous y offrirons des services, conciergerie, voiturier, introuvables dans la capitale mais que réclame notre clientèle internationale", indique Jacques Kozyk, son directeur associé. Les biens de plus 5 millions d'euros constituent un marché microscopique qui ne connaît pas la crise. Féau a vendu l'hôtel Bourbon Condé, dans le 7e arrondissement, à une fortune de Bahrein, pour 66 millions d'euros ! " Nous n'avons qu'un seul client, un Russe, qui s'est désisté d'une promesse de vente, pour un appartement de 10 millions d'euros, faute de crédit", raconte Mme Constans. Les propriétés de la Côte d'Azur, entre Saint-Tropez et Monaco, valant de 5 à 15 millions d'euros, semblent épargnées par la baisse. "Quelques marchands de biens anglo-saxons, notamment irlandais, qui avaient acheté ces villas à crédit vont sans doute, pressés par leurs banquiers, les revendre", prévoit Jean-François Favelier, de Sotheby's Côte d'Azur. Source : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/11/29/l-immobilier-de-prestige-affecte-a-son-tour-par-la-crise_1124916_1101386.html |
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