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IMMOBILIER / Les experts d'ING
annoncent un reflux des prix
L'immobilier devrait baisser…
un jour
L'évolution de la démographie aboutira à une baisse des prix de
l'immobilier. Quand ? Dans dix ou quinze ans. Et encore… Bientôt une baisse des
prix dans le logement ? Cette possibilité évoquée il y a quelques jours par le
département Economic Research d'ING Belgique a fait l'effet d'une bombe dans le
milieu des professionnels de l'immobilier. Cette baisse résulterait, selon les
auteurs de l'étude, d'un déséquilibre entre l'offre et la demande. Au contraire
de ce qui a été observé depuis plusieurs décennies, la demande pourrait
prochainement commencer à se rétracter, alors que l'offre, elle, est appelée à
augmenter. Pour appuyer leur prévision, les spécialistes d'ING se fondent
essentiellement sur des facteurs démographiques.
Avant d'entrer plus avant dans leur démonstration, rappelons quelques chiffres
de base qui constituent l'arrière-fond de la problématique. En Belgique, on
recense environ 4,4 millions de logements. Chaque année, quelque 100.000
habitations changent de mains. C'est ce qu'on appelle le marché secondaire. Mais
il faut y ajouter le marché primaire, c'est-à-dire la construction neuve :
environ 40.000 unités par an. Dans notre pays, près de quatre ménages sur cinq
sont propriétaires de leur logement. Il ne faudrait pas en déduire que les
acheteurs potentiels se réduisent au cinquième restant, car les «
primo-accédants » ne sont pas les seuls candidats à l'acquisition ou à la
construction. Un certain nombre de ménages déjà propriétaires sont eux aussi,
pour diverses raisons, en quête d'un autre logement.
Revenons à l'étude des experts d'ING et à l'influence de plusieurs paramètres
d'ordre démographique qui devraient peser sur les prix du résidentiel.
Primo : la faiblesse de la natalité. Le nombre de jeunes ménages candidats
propriétaires, entre 25 et 35 ans, diminue constamment, et la tendance devrait
s'accentuer fortement au cours des trente prochaines années. C'est donc sur la
demande que ce paramètre va jouer. Mais on doit aussi garder à l'esprit que le
taux de propriétaires peut encore augmenter. En Espagne, record d'Europe il est
vrai, il atteint 86 %.
Deuzio : le vieillissement de la population. « Dans les années 60 et 70, on a
assisté à une grande démocratisation de la propriété dans notre pays, note Ivan
Van de Cloot, qui a dirigé l'étude d'ING. Les “baby-boomers” qui atteignent
aujourd'hui l'âge de la retraite ou qui l'ont déjà atteint sont, dans une large
mesure, propriétaires. L'offre sur le marché va donc augmenter au fur et à
mesure que la génération de l'immédiat après-guerre va disparaître et que les
habitations vont passer dans les mains de personnes dans la soixantaine et qui
sont déjà propriétaires. » Certains estiment que cette offre supplémentaire
pourra être absorbée par la multiplication du nombre des ménages candidats
propriétaires. En 1961, chaque habitation abritait 3,8 habitants. Sous l'effet
de l'érosion de la cellule familiale (séparations, célibat…), ce chiffre est
tombé à 3,2 en 1980, à 2,5 en 1994 et à 2,4 aujourd'hui. L'essentiel de cette
évolution est donc déjà derrière nous, et c'est d'ailleurs elle qui, pour une
large part, a expliqué la flambée des prix au cours des deux dernières
décennies. Cela étant, on peut encore tomber à 2,3, ce qui nécessiterait 200.000
habitations supplémentaires.
Pour autant que le marché se comporte de manière rationnelle et que la
concurrence joue à plein, cette augmentation de l'offre conjuguée à un
affaiblissement de la demande devrait donc se traduire par une inversion de la
tendance haussière actuelle.
Ce qui intéresse les candidats acheteurs d'aujourd'hui, c'est de savoir quand
elle se produira. Combien d'années devront-ils attendre ? Les experts d'ING sont
sans ambiguïté : « Les hausses de prix qui ont déjà eu lieu (à hauteur de 6 %
sur une base annuelle) ne sont pas tenables à long terme. On peut affirmer avec
certitude que le marché immobilier montrera un tout autre visage dans les 10 à
15 prochaines années, lorsqu'il n'aura d'autre choix que de s'adapter aux
évolutions démographiques. »
C'est donc plutôt pour après-demain que pour demain. Mais pour ce qui est de
l'ampleur de la correction, l'étude d'ING reste totalement muette. D'autant que
les prix de l'immobilier dépendent également d'autres facteurs, comme les taux
d'intérêt hypothécaire, l'inflation, l'évolution des loyers, etc. Sur les
cinquante dernières années, l'indice du bureau d'études Stadim n'a enregistré
qu'une seule période de baisse des prix, entre 1981 et 1984, années de forte
inflation et de taux très élevés. En trois ans, les prix avaient chuté d'un peu
moins de 10 %. Avant de repartir à la hausse. Une hausse particulièrement vive
d'ailleurs.
Source :
http://www.lesoir.be/actualite/economie/immobilier-les-experts-d-ing-2008-03-08-582850.shtml
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