Compétence des Régions pour
la certification énergétique.
Dans le but de préserver les ressources énergétiques de la planète et de lutter contre le réchauffement climatique, le Parlement et le Conseil européens ont publié une directive sur la performance énergétique des bâtiments, contraignant les trois Régions de notre pays de modifier leur législation relative à l'isolation thermique des bâtiments.
En Belgique, la certification énergétique est de la compétence des Régions. La Directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (DPEB) impose que chaque bâtiment (immeubles de logements, bureaux, bâtiments publics,…) neuf, que les bâtiments publics ainsi que les bâtiments existants loués ou vendus devront à l'avenir disposer d'une certification énergétique. Parallèlement, de multiples initiatives liées aux nouvelles réglementations thermiques, aux audits énergétiques des bâtiments, ou encore aux primes et subsides pour investissements économiseurs d'énergie sont développées pour les bâtiments résidentiels comme pour les bâtiments du tertiaire.
Ainsi par exemple, la Procédure d'avis énergétique (PAE) développée conjointement à l'initiative des 3 Régions et qui permet de réaliser des audits énergétiques dans les logements existants. Cette procédure va être appliquée sur base volontaire dans les mois à venir. D'autres initiatives en terme d'avis énergétique existent également dans les différentes Régions.
En droit, la transposition d'un texte
supranational s'effectue en rédigeant ou en modifiant des textes du droit
national et/ou régional afin de permettre la réalisation des objectifs fixés par
la directive et d'abroger les textes qui pourraient être en contradiction avec
ces objectifs.
La directive sur la certification énergétique peut se résumer en cinq points :
1. le souci d'évaluer la performance énergétique d'un bien immobilier. Les Etats doivent déterminer une méthode de calcul fiable, qui tienne compte d'une série de facteurs extérieurs (climat, degré et fréquence d'exposition solaire, etc.) et intérieurs. Parmi ces derniers, on citera la ventilation, l'isolation thermique, la performance du système de chauffage installé, la production d'eau chaude ou même les besoins en climatisation.
2. le respect d'exigences minimales en matière de performance énergétique. La directive distingue les biens immobiliers neufs, ceux de grande taille, et ceux qui font l'objet d'une rénovation conséquente (sur plus de 1000 m²). Seule une volonté de limiter la consommation en énergie est imposée. Aucun rendement précis ne doit être respecté par les Etats.
3. la certification de la performance énergétique des biens immobiliers. Cette tâche relève de la compétence des Régions et concerne directement tout propriétaire qui souhaite mettre son bien en location ou le vendre, ainsi que toute personne qui envisage de construire. Tout bien immobilier qui sera construit, vendu, ou attribué à un nouveau locataire devra une certification énergétique. Un certificat de performance énergétique devra être délivré afin que le maître d'ouvrage, le locataire ou le propriétaire puisse mieux déterminer le coût énergétique à prévoir et le comparer avec celui d'autres biens. Comme la logique qui préside à la création de ce certificat est également d'améliorer les performances futures du bien, il préconisera une série de conseils destinés à accroître l'économie d'énergie. Ce certificat énergétique ne pourra être délivré que par un expert agréé, qui aura suivi une formation adaptée. Actuellement, plus de mille candidats suivent une telle formation.
4. l'inspection régulière des chaudières et des systèmes de climatisation dans les immeubles. Depuis longtemps, les chaudières à mazout sont régulièrement inspectées. La directive rejoint cette logique.
5. l'évaluation de l'installation de
chauffage lorsqu'elle comporte des chaudières de plus de 15 ans. Un expert est
chargé d'inspecter les installations visées et, le cas échéant, de proposer des
solutions de remplacement moins gourmandes en matière énergétique.
La procédure d'avis énergétique (PAE).
En Belgique, il existe 4.250.000 logements, dont les ¾ constituent des maisons familiales. Chaque année, plus de 45.000 logements neufs s'ajoutent, dont la superficie moyenne (130 M²) est la plus grande d'Europe, exception faite du Luxembourg.
La Belgique n'a pas attendu une décision
européenne pour effectuer ce type d'audit. Il existe une procédure dite d'avis
énergétique (PAE), développée de manière conjointe par les trois Régions, qui
permet de réaliser des audits énergétiques dans les logements existants. Tout
propriétaire peut d'ores et déjà demander un audit de son bien. Celui-ci est
effectué par des auditeurs, architectes ou ingénieurs. Il présente un coût qui
oscille entre 400 et 600 EUR, selon la complexité des lieux audités, leur
facilité d'accès, la présence ou non de plans, la nécessité d'effectuer un
mesurage, etc.
Déduction fiscale pour la PAE.
Il est accordé une réduction d'impôt pour cette dépense, ainsi qu'une prime régionale de 50 %. Des plafonds existent, comme, par exemple 300€ en Région wallonne. Une prime complémentaire existe pour l'examen par thermographie (v.infra). Elle s'élève à la moitié du coût de l'examen et est plafonnée à 200€. De manière plus générale, depuis 2002 (exercice d'imposition 2003), toute une série de dépenses, dont celle d'un audit, effectuées en vue d'une utilisation plus rationnelle de l'énergie font l'objet d'une réduction d'impôt.
Citons l'isolation du toit, le
remplacement d'une vieille chaudière, l'installation de panneaux solaires ou
d'un système de chauffage à l'énergie solaire.
Et en pratique ?
La PAE comporte deux volets. Le premier, commun à tous les audits, étudie le bâtiment en situation hivernale. Le second, réalisé sur demande, se penche sur la ventilation et la surchauffe estivale éventuelle. Il existe déjà des logiciels qui, à partir des normes européennes, permettent la réalisation de tous les calculs, la comparaison d'un bâtiment dans deux situations, et la présentation du scénario de rénovation le plus approprié.
Enfin, un examen par thermographie peut
être demandé par la propriétaire. L'avantage principal de ce type d'examen est
de déceler la présence de ponts thermiques, mais également d'identifier avec
beaucoup de précisions les éventuels défauts dans une isolation déjà existante.
Enfin, pas de panique : nous vous informerons davantage en tant voulu sur ce
site, en collaboration avec les principaux acteurs de l'immobilier entre
particuliers : www.pap.be (et le journal
de particulier à particulier),
www.entre-particuliers.be,
www.votrecoach.be et
www.mieuxvendre.be.
Où en sont les Régions en matière de certification énergétique ?
A ce jour, seule la Région flamande
dispose d'une législation adaptée aux nouvelles normes européennes. Un arrêté du
Gouvernement flamand (11 mars 2005, Moniteur Belge du 17 juin 2005) fixe ces
exigences en matière de performance énergétique et de climat intérieur des
bâtiments. Il concerne les constructions ou les rénovations dont la demande de
permis d'urbanisme aura été introduite après le premier janvier 2006. Par ce
nouveau décret, la Région flamande impose la présence d'un système de
ventilation dans les nouveaux bâtiments. Les performances des installations de
chauffage, de ventilation,
d'isolation, de climatisation ou d'éclairage sont également prises en compte.
La certification énergétique en Région bruxelloise.
La Région de Bruxelles Capitale
possède une législation en matière d'isolation thermique des immeubles de
logement, des immeubles de bureaux et des bâtiments scolaires, qu'ils soient
neufs ou soumis à une rénovation. Mais celle-ci s'avère insuffisante en regard
des nouvelles exigences européennes. C'est pourquoi, il existe déjà un
avant-projet d'ordonnance en cours de rédaction. Celui-ci prévoit notamment que
ce sera à l'Institut Bruxellois pour la gestion de l'environnement (IBGE) qu'il
incombera de délivrer le certificat énergétique.
La certification énergétique en Région wallonne.
En Région wallonne, Le secteur du logement représente 22% de la consommation
d'énergie. La Région wallonne a également déjà légiféré en matière d'isolation
thermique des immeubles de logement, des immeubles de bureaux et des bâtiments
scolaires, qu'ils soient neufs ou soumis à une rénovation. Selon André Antoine,
le Ministre wallon du Logement, des Transports et du Développement territorial,
le placement de panneaux solaires thermiques sera obligatoire pour tout bâtiment
public ou équipement communautaire (crèche, centre sportif, hôpital....) neuf ou
lors d'une transformation importante. Les nouvelles constructions d'une piscine
couverte devront également tenir compte de la problématique des panneaux
solaires.
La Région dispose même d'une législation sur la question de la ventilation de ces biens immobiliers. Enfin, une société mixte (composée de personnes morales et physiques qui émanent du secteur public et du secteur privé) sera créée pour faciliter l'installation, chez des particuliers qui n'en ont pas les moyens, des panneaux solaires. Le particulier devra lui payer sa consommation d'eau chaude sans être propriétaire des panneaux...
Depuis 2004, la Région a anticipé la directive européenne, année où elle a mis en place l'action « Construire avec l'énergie ». Cette action vise à promouvoir la réalisation de logements neufs dont la performance énergétique dépasse les exigences réglementaires actuellement en vigueur. Elle est destinée à préparer les architectes et les entrepreneurs à la future modification de la réglementation thermique. En deux mots, la région wallonne propose de « faire mieux que la réglementation ». Dans cette optique, elle encourage dès maintenant les candidats bâtisseurs à opter pour des logements neufs de meilleure efficience énergétique. Elle encourage également les professionnels à développer de manière volontaire des projets allant au-delà des exigences énergétiques imposées par l'Europe. Enfin, elle veut favoriser la rencontre entre l'offre et la demande.
En ce qui concerne la PAE, des auditeurs agrées, nommés pour trois ans, ont déjà été formés. Leur statut est fixé. Seuls seront retenus ceux qui font preuve de références attestant d'une véritable expérience dans le domaine de l'évaluation énergétique. Bien entendu, l'auditeur se doit d'être totalement indépendant de l'audité. Il ne peut davantage être un fournisseur d'énergie, ni un fournisseur d'équipement visé par l'audit. Il doit enfin s'engager à respecter un cahier minimal des charges qui reprend les conditions fixées par les arrêtés.
Pour ces deux Régions, une législation
similaire à celle de la Région flamande devrait voir le jour au plus tard en
2009. La transposition de la directive est en cours de préparation. Tout comme
en Région flamande, il faut s'attendre dans les deux autres Régions à un
renforcement des exigences en matière d'isolation thermique des bâtiments. Ce
renforcement s'inscrit en droite ligne dans le prolongement des engagements pris
à l'occasion de la signature du protocole de Kyoto.
Nul ne peut voir l'avenir, mais la plupart des experts estiment que le coût énergétique ne cessera de monter. Or, jusqu'à présent, il est relativement aisé à un propriétaire qui vend son bien de celer les informations sur la dépense calorifique du bien. Comme aucune législation n'existe, certains omettent de mentionner que la chaudière n'est pas aux normes et consomme un maximum. D'autres ne produisent que les factures d'été. Ce sera par exemple le cas à l'occasion de la vente d'un appartement placé sous le régime de la copropriété forcée. D'autres encore n'hésitent pas à limiter fortement leur consommation énergétique dans les semaines ou mois qui précèdent la vente. A tous les stades d'une vente, personne n'a intérêt ou l'obligation de soulever ce point négatif. L'agent immobilier peut l'ignorer, mais, dans le cas contraire, il n'est pas certain qu'il soulèvera d'office un argument défavorable à la vente. Lorsque le dossier arrive chez le notaire, ce dernier ne dispose généralement d'aucune information susceptible de mettre en garde l'acquéreur. C'est d'autant plus vrai que, contrairement en France, aucune indication n'existe sur les volumes des habitations.
Bref, à moins de vivre dans le bien, il est quasiment impossible à un candidat acquéreur d'être certain que ce qu'affirme le vendeur correspond à la réalité.
Le problème risque de se poser avec encore plus d'acuité en ce qui concerne le locataire. Son budget est souvent serré et, dans certains cas, la dépense énergétique peut constituer à elle seule un « mini-loyer », (trop) lourd à supporter. C'est déjà le cas actuellement pour certain d'entre eux. Un certificat énergétique très mauvais pourrait tout simplement écarter le bien de toute location.
Avec les nouvelles exigences européennes en la matière, le certificat énergétique deviendra un facteur non négligeable lorsqu'il s'agira de vendre ou louer son bien immobilier. Des comparaisons entre différents immeubles pourront être effectuées par tout candidat à l'achat ou à la location. Au même titre que le montant de la mensualité du crédit hypothécaire à contracter, le candidat acquéreur intégrera dans son calcul le coût mensuel énergétique et, s'il est élevé, le coût de la rénovation proposée par le certificat pour le diminuer.
Dans le meilleur des cas, ce dernier coût amputera d'autant le prix proposé. Dans le pire des cas, il découragera les amateurs et, à terme, pourrait «brûler » le bien. Dans le milieu immobilier, cela signifie que le bien sera tellement resté longtemps en vente que les amateurs s'en méfieront assez pour l'écarter d'emblée.
En conséquence, surtout si, à moyen terme, on souhaite louer ou vendre son bien immobilier, il est avantageux d'opter dès maintenant pour la procédure dite volontaire. Des « facilitateurs » peuvent être contactés pour entamer la procédure. Ceux-ci délivrent un avis neutre et éclairé sur la meilleure solution énergétique d'un bâtiment, peuvent renseigner un bureau d'étude, un fournisseur d'équipement ou installateur, comparent des offres d'équipement en matière de chauffage ou d'éclairage, par exemple, et présentent les différentes aides mises à disposition par la Région.
Les éventuelles rénovations devant de
toute façon être effectuées, pourquoi ne pas prendre le taureau par les cornes ?
D'une part, cela fera autant d'économisé et, d'autre part, en cas de vente ou de
location, cela permettra d'avoir une longueur d'avance sur beaucoup d'autres
propriétaires qui, comme souvent en Belgique, risquent d'attendre le dernier
moment pour réagir. Sans compter que les auditeurs risquent d'être pris d'assaut
dès 2008.
En pratique, au premier janvier 2009,
sous peine d'amendes, plus aucune vente, construction ou location d'un bien
immobilier ne pourra s'effectuer sans la production d'un certificat énergétique.
Ce document, véritable résultat d'un contrôle technique des immeubles, devrait
permettre une meilleure comparaison entre les divers biens mis en vente, et, de
manière plus générale, apporter un peu plus de transparence dans le marché
immobilier.
Liens
utiles :
Service public Fédéral Finance :
Facilitateur en Région wallonne :
Monsieur Gauthier Keutgen 081/25.04.80
Facilitateur en Région bruxelloise : 0800/85.775
Projet « impact » :
Les exigences de la directive entrent en vigueur au plus tard le 4 janvier 2006. Cependant, s’ils ne disposent pas d’experts qualifiés et/ou agréés, les États membres peuvent bénéficier d’un délai supplémentaire de trois ans pour appliquer pleinement les articles relatifs aux certificats de performance énergétique et à l’inspection des chaudières et des systèmes de climatisation.
En Belgique, ce sont les régions, compétentes pour les matières relatives à l’utilisation rationnelle de l’énergie qui sont en charge de la transposition de cette directive dans leurs réglementations respectives. Le processus d’adaptation de la réglementation régionale en la matière est en cours dans les 3 régions du pays.
A terme, cette directive impose la certification
énergétique obligatoire des bâtiments en cas de vente ou de location. Rien qu’en
Région Flamande, on estime que près de 200.000 certificats devraient être
délivrés sur base annuelle, ce qui représenterait près de 1.000 emplois de
certificateur à temps plein rien que pour cette région.
Le projet IMPACT
Quelques pays européens tels le Danemark ou l’Allemagne ont dors et déjà une expérience en matière de certification des bâtiments. Afin de profiter pleinement de ces expériences et de développer au maximum les échanges d’expérience entre états membres, le projet européen IMPACT soutenu par la commission européenne a démarré au 01 janvier 2005.
Ce projet vise à faciliter l’introduction de la
directive en général, et de l’aspect lié à la certification énergétique des
bâtiments en particulier en favorisant les échanges d’expérience sur base de
tests pratiques.
La certification énergétique comporte deux volets. Le premier, commun à tous les audits, étudie le bâtiment en situation hivernale. Le second, réalisé sur demande, se penche sur la ventilation et la surchauffe estivale éventuelle. Il existe déjà des logiciels qui, à partir des normes européennes, permettent la réalisation de tous les calculs, la comparaison d'un bâtiment dans deux situations, et la présentation du scénario de rénovation le plus approprié.
Enfin, un examen par thermographie peut
être demandé par la propriétaire. L'avantage principal de ce type d'examen est
de déceler la présence de ponts thermiques, mais également d'identifier avec
beaucoup de précisions les éventuels défauts dans une isolation déjà existante.